Quand je vois cette terre
Dilapider, misère,
Ses enfants de naguère
Dans une énième guerre,
Je voudrais, juste un peu,
Pouvoir hurler mes voeux
Avant qu’un dernier feu
Ne s’en vienne à bout d’eux.

Je ne veux pas d’enfants
Pour brasser le néant.
Bien assez d’une dent
Pour croquer ce restant.
Il me faut crier fort
Pour éviter les sorts
Que les vilains retords
M’imputeraient à tort.

J’ai du mal à ma vie,
J’ai le mâle à l’envers.
J’ai du mal à l’envie,
Je n’en suis plus très fier.

Je ne suis pas très brave,
Mais je crois l’heure grave.
Assez pour que n’aggrave
Misère qu’ils ne savent.
Mes enfants, je le crois
Ne verront pas cela
Car ces bambins, ma foi,
Resteront en deçà.

C’est ainsi qu’il fut dit,
Un jour par mon ami,
Qu’il ne faut pas, pardi,
Engendrer des soucis !
Si l’on n’est assez fort,
Pour rester près du bord,
Il faut quitter le port
Et rester un peu morts

Je vous ai dis ma vie
Sans cacher mes soucis
M’en veux de mes envies
Que je n’ai assouvies.
Revenu des regrets,
M’en viens ici crier
Des années écoulées,
Cette fin programmée.

Pour achever mon riff
Avant qu’on ne me biffe
Du registre à la griffe
M’en vient, les nerfs à vif,
Dire le temps des regrets.
Après ce défilé
Des années égrenées
Solitaire, serai.

© Marc Biderbost